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Manifestation pour défendre les retraites : jeudi 24 juin à Nice

mardi 22 juin 2010, par carolyn

Manifestation pour défendre les retraites : jeudi 24 juin à Nice, départ 10h00 gare SNCF Thiers

Le projet de réforme des retraites du gouvernement annoncé aujourd’hui est un véritable acte de guerre sociale contre le monde du travail et la justice sociale.

Les mesures envisagées font froid dans le dos (en voici quelques unes, le détail est encore plus effarant) :

- âge du départ à la retraite fixé à 62 ans. Rappel statistiques INSEE : l’espérance de vie en bonne santé est seulement de 63 ans en moyenne pour les hommes, 64 ans pour les femmes (58 ans pour les ouvriers). Ce sont donc les meilleures années, les plus belles années de retraite que le gouvernement veut nous enlever !

- âge du départ à taux plein sans décote (pour les salariés qui ne disposent pas de la durée de cotisation nécessaire, notamment du fait de périodes d’inactivité ou de chômage, malheureusement de plus en plus nombreuse) : il passe de 65 à 67 ans. Rappel : dans la plupart des pays européens, c’est avant 60 ans que la majorité des travailleurs partent en retraite (du fait de la fatigue, du stress, de la pénibilité du travail, de l’usure). Ce qui équivaut à diminuer le montant des pensions (une forte décôte s’appliquera à ceux qui n’auront pas leurs trimestres), donc à imposer une baisse généralisée du niveau de pension des retraités. Des retraités misérables en pagaille, obligés de (re)trouver un job pour survivre : ou comment travailler plus toute sa vie (et sans doute jusqu’à la mort pour certains) pour gagner moins.

- durée de cotisation : elle passe à 41 ans et trois mois dès 2013, avec un relèvement prévu à 41.5 annuités en 2020. Pour celles et ceux qui sont nés en 1953 et 1954, c’est demain que viendra les frapper cette injustice ! Et pour la société, ce sont des "anciens" qui travaillent plus longtemps et vivent (donc) plus mal et des jeunes qui n’auront (donc) pas d’emplois et seront plus durablement au chômage (et vivront d’autant plus mal). Une société où ceux qui veulent cesser le travail continuent de travailler, et où ceux qui cherchent du travail n’en trouvent pas : c’est ça la formidable "liberté" qu’on nous propose !

- taux de cotisation des fonctionnaires : il passera de 7.85% à 10.55% sur les dix ans qui viennent. C’est, à terme, d’une journée de salaire brut par mois que le gouvernement veut amputer leurs fiches de paie ! Et donc baisser les traitements ! Et ce, au moment précis où la crise vient frapper durement le niveau de vie de l’ensemble des salariés ! Cela équivaut à une baisse de 3% des traitements nets, inacceptables alors les fonctionnaires ont perdu plus de 20% sur les 15 dernières années ! Des fonctionnaires appauvris, dont les traitements sont déjà nettement insuffisants, qui travaillent plus et plus longtemps, dans des conditions dégradées et des coupes budgétaires, avec des suppressions de postes massives, ça vous tente ? C’est la fabuleuse vision de l’avenir que propose le gouvernement !

- sur les 40 milliards d’euros nécessaires d’ici 2018, le gouvernement a choisi de ne faire payer les revenus du capital et du patrimoine qu’à hauteur de 1.7 milliards d’euro (1% d’imposition supplémentaire). Le reste sera assumé par le monde du travail (pensions moins élevées, baisses de salaire, décôte, etc.). Une justice sociale à sens unique et caricaturale, où les salariés (qui pourtant sont à l’origine de toute la richesse par leur force productive) trinquent tandis que les plus riches sont "protégés" par un bouclier fiscal d’un autre âge, et que les banques et les institutions financières (pourtant à l’origine de la crise, et grassement "sauvées", elles, par les Etats et l’argent de nos impôts) sont carrément exemptées de toute contribution, ça vous dit ? C’est cet extraordinaire vision "moderne" de la justice qu’on veut nous "vendre" !

Dans l’avalanche médiatique des propos idéologiques censés "démontrer" la fatalité d’une augmentation des annuités nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein (qui passeraient à 41.5 annuités pour l’instant) ainsi que d’un recul de l’âge de départ minimum (qui serait reculé à 62 ans pour l’instant), il y a cependant des variables qui ne sont jamais évoquées et qui pourtant permettraient de préserver et de consolider notre système par répartition, avec départ à 60 ans et 37.5 annuités pour tous.

Vous trouverez, en suivant ces liens (parmi beaucoup d’autres analyses disponibles sur la toile) :
- Une synthèse rapide sur les solutions qui peuvent être apportées au "problème" des retraites sur le site de la fondation Copernic, qui rassemble des économistes et des militants de tous horizons syndicaux et politiques : http://www.fondation-copernic.org/s...

- Une analyse détaillée et chiffrée, point par point, permettant de déconstruire les "évidences" assénées dans les médias sur la question :

http://www.cgt.fr:80/spip.php?rubri...

http://www.fsu.fr/spip.php?rubrique212

Jeudi 24 juin, les principaux syndicats du public et du privé (CFDT, CGT, FSU, UNSA, Solidaires) appellent à une grève générale, à un grand rassemblement interprofessionnel seul capable de faire la preuve de la détermination commune des salariés à vouloir préserver cet acquis social fondamental.

De l’ampleur des cortèges, de la puissance du mouvement de mobilisation dépend largement notre capacité à faire entendre des pistes alternatives capables de mettre un terme à une réforme des retraites scandaleuse, injuste et inéquitable, qui se traduirait pour nous tous par une augmentation significative de l’âge réel du départ à la retraite (pour un jeune commençant à travailler à 25 ans, faites le calcul !), par une baisse drastique du niveau des pensions (de l’ordre de 20 à 25% en moyenne), et par ricochet par une augmentation significative et facilement compréhensible du taux de chômage des jeunes. La manifestation aura lieu à Nice ce jeudi 24 juin, avec départ à 10h00 de la gare SNCF. Ensemble nous pouvons faire reculer le gouvernement : nous devons tous et toutes mettre nos forces dans cette bataille décisive, pour que le droit à la retraite (et à la vie) ait encore un sens, pour imposer des choix de société justes et solidaires !

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